|
Allez, une petite expression chinoise pour bien finir le week-end ! Pas de chengyu aujourd'hui mais une expression courante dont l'origine vient également d'une petite histoire.
Voici donc l'histoire en question, alors asseyez-vous confortablement, une tasse de thé vert fumante à côté de vous (ou un verre de coca, après tout chacun fait ce qui lui plait), fermez les yeux... euh non, hé ! oh ! Bon. Le jour où je ferai une version audio ce sera possible, mais d'ici là, il faut que vous travailliez aussi un peu. C'est parti.
C'est une anecdote autour d'un certain 房玄齡 (fáng xuán líng) Fang Xuanling, un premier ministre pendant la dynastie Tang. Il était non seulement un intello réputé, notamment le rédacteur principal du 晋书 (jìn shū) Livre de Jin (un bouquin historique sur la dynastie du même nom), mais aussi complètement enamouraché de sa femme. Un jour, voilà que l'Empereur donne plusieurs jeune et jolie filles à Fang pour qu'il en fasse ses concubines. Il devait avoir une loi à faire passer ou quelque chose à se faire pardonner, ce petit filou ! Toujours est-il que, même si avoir plusieurs femmes était une pratique très répandue à l'époque, Fang sait que cela ne va pas faire plaisir à son petit canari des îles et refuse poliment : "Ca va pas la tête, tu veux que ma moitié me fasse la gueule jusqu'à la fin des jours, ô Empereur inconscient ?"
Seulement, le refus de Fang attise la curiosité de l'Empereur et comme il s'emmerdait un peu ce jour là, il décide de faire porter une bouteille de vin empoisonné à la femme de Fang (appelons-là Fangounette) pour se divertir. Les règles sont simples : si Fangounette est d'accord pour que son mari prenne les filles comme concubines, pas de problème. Mais si elle refuse, il faut qu'elle boive le vin empoisonné jusqu'à la dernière goutte. Pas super fairplay comme règles, mais que voulez-vous, c'est l'Empereur.
Fangounette, qui aime autant son mari qu'il ne l'aime, décide que la vie ne vaut pas la peine d'être vécu si il faut qu'elle partage son mari avec des poufiasses anorexiques à peine sorties de leurs couches, et boit le vin. Mais ravalez vos larmes, petits sentimentaux que vous êtes, car Fangounette n'est pas morte ! Et oui, rappelez-vous, l'Empereur voulait juste s'amuser un peu... et il avait rempli la bouteille de vinaigre, ce rigolo. Fallait qu'elle l'aime, son bonhomme, pour se taper une bouteille de vinaigre d'un trait !
Depuis, quand on parle de quelqu'un qui est jaloux (mais seulement pour les sentiments amoureux, ça le fait pas si on veut une tondeuse à gazon rose fluo comme sa voisine), on dit qu'il/elle 吃醋 (chī cù) boit du vinaigre.
Exemple : Tu bois du vinaigre, toi ! Je lui demande simplement l'heure, à cet Apollon aux muscles saillants, aux yeux de braise et au sourire ravageur... chéri, repose ce marteau tout de suite ! S'il te pl... arg.
PS Si vous voulez vraiment un chengyu, en voici un avec le bonhomme lui-même : 房谋杜断 (fáng móu dù duàn). Qu'est que ça veut dire ? Vous êtes bien exigeants... Et bien 房玄齡 Fang Xuanling était super bon en stratégie et son collègue 杜如晦 (dù rú huì) Du Ruhui prenait toujours des très bonnes décisions sur le vif. Donc ils se partageaient le boulot : "Fang planifie, Du décide". J'imagine que ça doit vouloir dire qu'il faut se partager les responsabilités selon ses talents et coopérer avec ceux qui vous complètent.
|
... encore pire que les ordonnances d...
Petite question : Arrives tu a lire q...
... tu as tout a fait raison :whistl...
Super article ! C'est vrai que ce n'e...
Et pourtant 3 h de queue ça refroidie...