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Me revoilà ! Prête à raconter une nouvelle fois mon 春节 (chūn jié) Festival du Printemps, ou Nouvel An Chinois, dans le Shandong... sauf qu'à force, je finis par toujours raconter la même chose... les raviolis... les pétards... les visites à la famille au 50e degré...
Alors bon, je ne vais pas tout raconter. Simplement quelques passages. Par exemple cette année, vu que la belle mère n'était pas là, j'ai pu faire quelques raviolis. Et bien ils n'étaient pas si moche que ça, même WChao était agréablement surpris. "没有我想像得那么难看" (méi yǒu wǒ xiǎng xiàng dé nà me nán kàn) a-t-il dit, ce qui équivaudrait à "ils sont moins moches que je ne l'aurais pensé". Merci bien.
Cette année, on a mis 7 pièces de 1 mao dans les raviolis du 1er au matin (à cette période de l'année, on en mange au petit déjeuner, au repas de midi et au diner...). Il faut dire que quand on mange des raviolis chez mon beau père, il sert à chacun un bol en contenant une bonne vingtaine. Et comme cela arrive après le repas, un genre de "fromage ou dessert", on a généralement déjà plus faim. Mais voilà, il y a les pièces. Et en trouver dans ses raviolis assure bonne fortune pour toute l'année. Donc tout le monde mange ses raviolis, faim ou pas, pour savoir si l'année sera plutôt "Euromilion" ou "Restos du coeur". Généralement, une fois que toutes les pièces sont trouvées, on a d'ailleurs plus autant envie de finir le bol...
Cette année, j'ai eu une pièce, WChao a eu une pièce, une de mes nièces a eu une pièce (mais c'est de la triche, le ravioli s'était ouvert dans la casserole... ça devait être un des miens, hum... mais les 4 autres que j'ai fait on tenu !!!)... et sa mère a eu le reste. Sauf qu'il y a eu litige car elle a piqué un ravioli dans le bol de Wang Chao... et que c'était un ravioli à pièce. Vous imaginez les cris de la victime, accusant sa grande soeur de lui avoir piqué la moitié de sa fortune annuelle à venir ! Tant pis, ce sera une année "Canard laqué sous vide" au lieu d'une année "Canard laqué de Quan Ju De", l'important étant d'avoir du canard !
Autre expérience typiquement Linyitesque (de Linyi, la ville où habite la famille, héhéhé), les bains publiques. Je n'y vais jamais à Pékin, mais dans le Shandong on y va à chaque fois. La grande soeur a une carte de membre et ils y vont au moins une fois par semaine. Je n'avais fait que la douche auparavant, plus le sauna et le grattage à la serviette. C'est une expérience assez bizarre car évidemment, ce n'est pas mixte, donc tout le monde est à poil. Tu t'allonges sur une table genre table de docteur, et une femme plus toute fraiche en culotte et soutien-gorge assortis te frotte absolument tous les recoins de la peau avec une petite serviette. Gommage intégrale garantis, et situation à bannir pour les pudiques.
Nous sommes arrivés dans le Shandong vers 18h30 le samedi (un jour avant le réveillon, donc). On mange chez leur père, puis on porte nos affaires chez la grande soeur. WChao et son père font le trajet à pied - Wang Chao légèrement contraint et forcé par son père ! -, on papote un peu chez la grande soeur, puis vers 22h, le père repart chez lui à pied. On regarde la tv, mais rien de bien intéressant. On s'accorde tous à dire qu'on s'emmerde, et la grande soeur propose d'aller au bain public. Il est 22h30, mais tout est normal. On téléphone au père qui vient juste d'arriver chez lui et n'a pas envie de ressortir, la soeur lui fait un chantage au massage des petons et lui dit qu'on passe le prendre dans 10 minutes. On arrive vers 23h au bain public, qui est plein, on doit attendre que des gens sortent pour pouvoir y rentrer. C'est un endroit assez classe, donc ils ne font rentrer qu'un certain nombre de gens à la fois. On attend 20 minutes, on va se laver - et je perds ma boucle de nez à cause de la serviette qui sert de gant de toilette, grrrr -, je me fais frotter chaque centimètre de peau, on enfile un espèce d'ensemble t-shirt + short et on se retrouve tous au dernier étage. Puisque tout le monde est vêtu de son pyjashort, c'est mixte, évidemment. Il y a un bar, des tables, des billards, et des fauteuils devant un écran de cinéma où l'on peut se faire manucurer et masser. On s'installe dans les fauteuils, qui sont de vrais lits grâce à leurs énormes repose-pieds et leurs édredons, et on se fait masser les pieds. Un régal.
On était en deux groupes, ma nièce, mon beau-père et moi d'un côté, WChao et sa soeur de l'autre. Evidemment, j'ai eu le droit aux éternelles questions "D'où-viens-tu-parles-tu-chinois-oh-mais-c'est-magnifique-tu-parles-mieux-que-moi-regarde-je-dis-"si"-à-la-place-de-"shi"-bravo-bravo"... Quand elle a vu qu'on se connaissait, la fille qui massait les pieds de mon beau-père n'a pas arrêté de lui poser des questions (bonjour le massage relaxant). Il a eu le malheur de lui dire que j'étais sa belle-fille, et s'en a été fini. Elle n'a pas arrêté de babiller de toute la soirée et a même fini par abandonner mon beau-père pour aller reluquer WChao et voir à quoi pouvait bien ressembler un chinois qui se marie avec une étrangère... On a bien rit, et on est rentrés à presque 2h du matin. Vous ne serrez pas étonnés de savoir que ce genre d'endroit est ouvert 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Le soir du réveillon, il y avait même un buffet spécial, au cas où tu voudrais fêter la nouvelle année sous la douche...
Troisième anecdote... les visites du 初一 (chū yī) premier jour de la nouvelle année. Les familles se partagent en deux, il y a ceux qui vont souhaiter la bonne année à tout le monde, et ceux qui restent pour accueillir les gens qui passent. En général, on va souhaiter la bonne année à une vingtaine de personnes en deux heures, donc ce sont des visites éclaires où les hôtes essayent de persuader les visiteurs de s'asseoir, prendre un thé et manger un camion de cacahuètes, pistaches ou bonbons tandis que lesdits visiteurs essayent de s'enfuir le plus vite possible pour passer à la maison suivante. C'est assez drôle et à chaque fois, ma nièce et moi collectons assez de bonbons (on nous les fourre dans les poches par poignées) pour ouvrir une chaîne de confiseries. Les hommes, eux, s'offrent des cigarettes, c'est à celui qui offrira le paquet le plus très cher - fût-il infumablement dégeu.
Il y a aussi les 红包 (hóng bāo) enveloppes rouges - où l'ont met des sous. En général, les gens mariés en donnent à ceux qui ne le sont pas, donc les enfants et les jeunes. Mais parfois cela tourne à la bagarre car les parents ne veulent pas que leur enfant accepte l'argent - toujours une histoire de fierté. Lors de l'une de nos visites, la grande soeur a essayé pendant 15 minutes de mettre deux billets dans la poche un gamin de 2 ans, et les parents les rendaient tout le temps. Alors la soeur s'est soudain levée, m'a dit qu'on partait, a vite mis les billets dans le pantalon du gamin et on s'est sauvés en courant, comme des voleurs, avec le père qui nous courrait après pour essayer de nous rendre les sous. Mais on s'est enfermés dans la voiture et on est partis. On aurait cru qu'il nous poursuivait avec une kalachnikov !
Cela me rappelle une année où un ami de la grande soeur avait offert de l'alcool de riz à Wang Chao. Il ne boit pas d'alcool et c'était un truc très cher, donc Wang Chao et sa soeur ont refusé, sans résultat. Entre la salle du restaurant et le parking, la bouteille passe des mains des uns aux mains des autres, et les amis finissent par ouvrir la porte de derrière de notre voiture et mettre la bouteille sur le siège. Nous on fait semblant de s'avouer vaincus, mais subrepticement, la soeur ouvre la portière de l'autre côté, pose la bouteille sur le sol, et hop, on s'en va sans l'alcool de riz ! Je ne me suis pas retournée pour voir la tête qu'ils faisaient...
On a également visité le village d'où ils viennent tous à l'origine. Je n'ai pas très bien compris si le village entier était une seule famille ou pas parce que les gens s'appellent parfois Oncle, Tante, Grand-père ou Grand-mère sans qu'il y ait un vrai lien familial (c'est affectueux), et que pour les chinois, le cousin de l'oncle de la grand mère du neveu, c'est toujours la famille comme nous on l'entend des oncles ou des cousins. Toujours est-il que c'est un hameau extrêmement pauvre, il n'y a que des habitations, pas de commerce ou quoi que ce soit d'autre. Les toilettes sont à l'extérieur, un trou dans le sol d'une cabane en brique à 3 murs et demi recouvert de paille. Le sol et les murs des maisons sont en béton brut, et la (parfois deux) pièce est pourvue en tout et pour tout de quelques chaises en fer, d'un poêle, d'une table bancale et d'un lit rouillé. Souvent rien d'autre. Les murs sont fréquemment décorés de calendriers à la gloire du parti, Mao, Jiang Zemin, Deng Xiaoping et Hu Jingtao réunis devant un peuple béat. Bizarrement je n'a jamais vu ces calendriers dans les appartements "confortables"...
En général je m'y sens assez mal à l'aise (on y retourne tous les ans, et on est aussi allé faire le tour du village lors de notre mariage, expérience "femme à barbe" garantie !) car on arrive avec nos grosses voitures, nos beaux manteaux, nos talons aiguilles, et on débarque dans un lieu de pauvreté absolue, à faire attention à ne pas se salir les chaussures dans la boue ou en essayant d'éviter la vache qui passe dans le coin. Mais je pense que ces paysans sont contents que leur famille leur rendre visite, finalement. Ils nous accueillent évidemment à bras ouvert et nous font boire une tasse de thé en papotant à propos des dernières naissances et frasques de leurs connaissances communes. On fait également beaucoup de maisons, et même si on ne s'arrête pas à toute, on s'arrête quand même dans plusieurs pour manger une mandarine ou boire une tasse de thé.
Voilà pour cette fois, et
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1) 春节同乐 (chūn jié tónɡ lè) : Bonne fête du printemps à tous !
Cela dure 15 jours donc je suis dans les temps... Dernier jour (donc fin des pétards retentissant à toute heure du jour et de la nuit) lundi, le 正月初十五 (zhēng yuè chū shí wǔ) 15e jour du premier mois de l'année, pour la 元宵节 (yuán xiāo jié) Fête des lanternes. Ce jour là, de nombreuses lanternes sont éclairées dans les parcs, et on doit manger des 元宵 (yuán xiāo) boulettes de riz bouillies et fourrées à la pâte de sésame, au sucre, à l'haricot rouge, à l'ananas... Miam :)
2) 牛年大吉 (niú nián dà jí) : Meilleurs voeux pour l'année du boeuf / buffle (ou même vache si ça vous fait plaisir !)
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... tu as tout a fait raison :whistl...
Super article ! C'est vrai que ce n'e...
Et pourtant 3 h de queue ça refroidie...
... mais d'un autre côté, il y a tell...
... oui, t'as vu ça ? Ca faisait long...